L’Ariège : Foix, Vals, Mirepoix et la grotte de Niaux

Alors que j’étais en Norvège, en août dernier, j’ai reçu un matin un charmant email d’une personne qui m’était totalement inconnue mais qui me « connaissait » bien, si je peux dire : une lectrice de mes blogs depuis plusieurs années. Elle me proposait, en reconnaissance de tout ce que je lui avais apporté à travers mes écrits, de m’accueillir quelques jours chez elle en Ariège. Je suis restée bouche bée…

552054_486662204694451_1902675389_nJe reçois de temps en temps des petits messages de gratitude suite à certains de mes articles mais je ne réalise absolument pas la portée de mes articles. Je sais que je suis lue par des milliers de gens dans toute la francophonie mondiale mais, qu’est-ce que cela veut dire ? Je n’en ai aucune idée car j’écris toujours avant tout pour moi, pour le plaisir de partager ce que j’aime, ce que je découvre, ce que je pense pourrait être utile à d’autres. Voilà, c’est tout. C’est ma passion, écrire et partager. Rassembler les gens aussi.

Donc, quand j’ai reçu le message de Sylvie, je suis restée bouche bée qu’une personne qui me lit ait envie de m’offrir un aussi gros cadeau : quelques jours chez elle. Comme ça. Wow…. C’était un élan du coeur qui lui était monté en méditation un jour. J’ai répondu sur le même élan du coeur, après avoir réfléchi quand même un peu car c’est tout un magnifique cadeau, que cela me ferait plaisir d’acquiescer à son offre.

C’est ainsi que, vendredi passé, j’ai pris l’avion de Genève à Toulouse.

Clin d’oeil de l’Inde

L’avion avait près de deux heures de retard. Nous étions dans le petit lobby de l’aéroport à attendre l’embarquement dans l’autobus qui devait nous amener à l’avion sur le tarmac. En montant dans l’autobus, une seule place de libre sur laquelle la dame assise sur le siège à côté avait posé son gros sac. Je me suis approchée et lui ai fait montre que je voulais m’asseoir là. Elle a enlevé son sac. Je me suis assise et nous nous sommes spontanément mises à discuter en anglais puisqu’elle ne parle pas le français. Elle m’a rapidement appris qu’elle m’avait remarquée dans le lobby mais n’avait pas osé venir me rencontrer. On était dues, on dirait !

Elle me dit qu’elle est médecin à Washington (USA) mais est sur un contrat de quelques mois à Genève. A ma demande, elle confirma ensuite mon soupçon, à savoir qu’elle est originaire d’Inde, de Varanasi pour être précise, mais elle a quitté son pays pour aller étudier à l’université de Washington et elle est restée vivre là. L’Inde apparait encore une fois dans ma vie…

Arrivées à l’avion, Nalini, c’est son prénom, s’est arrangée pour que nous soyons assises ensemble et nous avons ainsi continué à échanger avec grand plaisir. Très vite, la discussion a basculé sur les énergies, le karma, la spiritualité universelle, les relations amoureuses, la médecine, etc… C’est comme si nous nous étions toujours connues. Ce fut une belle rencontre d’âmes. Nous avons échangé nos coordonnées et nous sommes invitées mutuellement chez l’une et l’autre. Je vais donc probablement aller faire un tour à Washington bientôt.

L’Ariège

Je ne suis jamais venue dans ce coin de France aussi, quand Sylvie m’a proposé de passer quelques jours dans son hameau, en compagnie de son conjoint, j’ai accepté avec plaisir car j’aime rencontrer autant de nouvelles personnes que de nouveaux endroits.

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La gardienne de la maison

Arrivés au hameau où Sylvie et son conjoint on acquis une jolie maison ancienne, j’ai eu l’impression, en voyant l’âge avancé des maisons, de me retrouver en Haute-Savoie quand j’étais petite. Ce même genre d’énergie, des maisons collées, en grosses pierres, des granges avec les grandes portes en bois et des rues qui sont en fait des ruelles tout juste assez larges pour une petite voiture. De ma fenêtre au 3e étage de la maison, les toits des autres maisons du village, les montagnes, les vaches et les moutons dans les champs. Surtout : le silence de la nature que j’aime tant et me permet de me ressourcer dans la paix.

L’Aude et l’Ariège, pays des Cathares

Au XIIème siècle s’est développée dans le sud de la France une religion chrétienne différente du catholicisme : le catharisme. Cette nouvelle croyance basée sur le christianisme mais très critique vis-à-vis du catholicisme s’est rapidement propagée dans toute l’Occitanie.

Le catharisme se développe dans la Chrétienté occidentale au XIIème siècle. Cette dissidence chrétienne médiévale réclame, comme d’autres mouvements de son temps, le retour au modèle d’Eglise primitive des premiers temps du Christianisme. Elle condamne l’Eglise romaine et sa hiérarchie au prétexte de ce qu’elles ne respecteraient pas l’idéal de vie et de pauvreté du Christ.
Sous des noms différents, des communautés de cathares sont attestées à travers toute l’Europe, mais c’est dans le Midi de la France et dans les cités du nord et du centre de l’Italie que le catharisme connaît l’accueil le plus favorable et le plus durable.
Aux yeux de l’Eglise romaine, les cathares représentaient un danger bien pire que les infidèles (juifs et musulmans), car, tout en étant chrétiens, ils interprétaient différemment les Ecritures et refusaient la doctrine des sept sacrements.
Leur croyance était basée sur l’existence de deux mondes, l’un bon et l’autre mauvais. Le premier, le monde invisible dont les créatures sont éternelles, résulte de la création de Dieu le Père ; le second, le monde visible et corruptible, est l’œuvre du Diable. Introduits dans des corps de chair fabriqués par le Diable, des anges déchus sont devenus les âmes des hommes et des femmes.
Pour les cathares, le christ est uniquement l’envoyé du Père venu porter le message du salut aux hommes. Il n’est pas comme chez les catholiques le rédempteur de tous les péchés. Du coup, les cathares ne conservent qu’un seul sacrement, celui du consolamentum (consolation) ou baptême d’imposition des mains pratiqué par le Christ, le seul à apporter le Salut. Source

Foix, ville médiévale et son château

Samedi matin, visite du château de Foix.

Le château se dresse sur un piton rocheux, juste à l’ouest du centre-ville. La majorité de l’édifice actuel date du XIIe siècle au XIVe siècle. Nous distinguons alors actuellement :
Au nord, la tour carrée, couverte d’un toit d’ardoises à la fin du XIXe siècle, qui est certainement la tour la plus ancienne car elle daterait des XIe et XIIe siècles.
La tour du milieu construite au cours du XIIIe siècle qui fut entièrement réaménagée au XIVe siècle. Elle présente de belles caractéristiques architecturales : têtes sculptées aux culs de lampes et blasons en clefs de voûtes.
La tour ronde, plus tardive, qui présente quant à elle une architecture gothique avec de vastes baies éclairant de belles salles voûtées de plan hexagonal. Source et suite en cliquant ici

Vals, une église rupestre bâtie à même le rocher

Dans l’après-midi, pour profiter du soleil car la pluie est attendue pour le lendemain, Sylvie nous emmène à Vals où se trouve une église bâtie à même le roc. On y entre d’ailleurs en passant entre deux parois rocheuses, comme si on arrivait dans une grotte.

IMG_40291_redimensionnerL’église Notre-Dame de Vals est semi-rupestre, ce qui signifie qu’elle est en partie construite dans la roche (poudingue de Palassou), du moins pour sa partie basse. Il s’agit d’un aménagement des larges diaclases naturelles de la roche (et non pas des failles comme il a été souvent écrit), utilisant la principale comme entrée. De nombreuses hypothèses courent au sujet de cette diaclase et des abris sous roche voisins. Il a été avancé une activité de culte très ancien remontant au début de l’Antiquité, à partir de la découverte de petites céramiques à parois fines rencontrées fréquemment sur les lieux de culte. Ce dont nous sommes à présent certains, c’est qu’un village prenait place sur ce lieu dès le XVe siècle avant notre ère (des milliers de tessons de céramique protohistorique ont été découverts, les plus nombreux appartenant à la charnière entre le Bronze final et le Premier âge du fer). Source et suite en cliquant ici

Mirepoix, vieille ville médiévale bien conservée

Pour terminer cette journée de visites historico-touristiques, Sylvie nous a emmenés à Mirepoix, une charmante bourgade médiévale avec une grande place centrale entourée de maisons à colombages sur galeries de bois. Sous les galeries, des échoppes, cafés et terrasses offrent aux voyageurs de quoi se sustenter.

IMG_4037_redimensionnerChaleureuse et accueillante, la charmante bastide de Mirepoix saura vous accueillir en toutes saisons. Elle est située dans le Pays des Pyrénées Cathare, labellisé Pays d’Art et d’Histoire. La ville fut reconstruite selon les plans réguliers des bastides après une vaste inondation en 1289. La place a conservé sa structure originelle et médiévale. Vous pourrez y observer ses couverts du XVe siècle et de superbes maisons à colombages sur galeries de bois. Mirepoix est célèbre pour la Maison des Consuls ornée de pièces de bois sculptées, et pour son ancienne cathédrale Saint Maurice aux dimensions impressionnantes (22 m en largeur). Source

La Grotte de Niaux, retour à la préhistoire

Ce matin, Sylvie avait réservé des places pour aller dans les profondeurs de la terre pour y voir des grottes portant notamment des dessins datant de 13’000 à 14’000 ans avant aujourd’hui. Chevaux, bisons et bouquetins y avaient notamment été dessinés sur certaines parois par nos ancêtres pour des raisons inconnues. A d’autres endroits, des stalactiques* pendaient des plafonds tandis que quelques rares stalagmites* montaient encore la garde, la plupart ayant été cassées pour être vendues lors de la découverte de ces grottes.

niauxLa grotte de Niaux est une grotte ornée du Paléolithique supérieur ayant livré de nombreuses figurations pariétales magdaléniennes.(…) La grotte de Niaux renferme un très riche art pariétal incluant la plupart des espèces propres à la faune préhistorique du massif des Pyrénées. Les animaux sont peints la plupart du temps avec une matière noire, identifiée à du charbon de bois ou à du dioxyde de manganèse, quelquefois avec une matière rouge obtenue à partir du broyage d’hématite. Source et suite en cliquant ici

De telles grottes, gigantesques par endroits, sont mythiques. On se demande ce que des humains pouvaient y faire. Pourquoi sont-ils allés si profondément, là où règne la nuit en permanence, pour y dessiner des animaux ? Nul ne le saura jamais, que ce soit dans cette grotte ou les près de 500 autres grottes situées dans la région, entre la France et l’Espagne.

Il faut imaginer que les « artistes du passé » venaient jusqu’au fond de cette grotte, probablement munis de lampes à graisse ou de torches résineuses, en ayant simplement mémorisé un animal pour le reproduire. Source

La roue du donner & recevoir

Je suis arrivée vendredi complètement épuisée. Je n’avais pas eu grands congés pour me ressourcer les derniers temps en Suisse. C’est toujours ainsi quand on retourne chez soi : on veut voir le plus de monde possible avant de repartir mais on revient aussi souvent sur les genoux.

Le fait d’être si gentiment et chaleureusement accueillie par Sylvie et son conjoint me touche au plus profond de mon coeur et me fait un grand bien. Je vois à quel point quand on donne, on reçoit et j’en suis infiniment reconnaissante. Je n’ai tellement pas l’habitude qu’on prenne soin de moi, qu’on m’accueille ainsi, qu’on me prépare de bons repas tout en respectant aussi mon côté sauvage et solitaire. Je suis gâtée, vraiment, et je dois « gérer ma gêne » comme dirait un de mes vieux amis à qui je disais parfois être génêe qu’il me gâte.

J’apprends à recevoir. C’est ainsi la roue qui tourne car je sens que, pour Sylvie et son conjoint, de beaux cadeaux de la vie vont arriver très bientôt pour leur permettre, eux aussi, de créer et de réaliser la vie de leurs rêves….

Demain, visite de la ville fortifiée de Carcassonne !

Merci la vie et, surtout, merci de tout coeur à Sylvie et à son conjoint pour ce beau séjour ressourçant à tous les niveaux !

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* pour savoir laquelle monte et laquelle descend : stalagTite tombe et stalagMite monte…

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